"La vie a beaucoup plus d'imagination que nous."
[François Truffaut, Les films de ma vie, 1975]
















Fahrenheit 451

24/06/2008

24/06/08 - 10:42

Leçon inutile n°1 du professeur F451


La schizophrénie n'est pas la "double-personnalité". Il s'agit plutôt d'un trouble menant à des altérations de la perception de la réalité (délire), des troubles cognitifs, et des dysfonctionnements sociaux et comportementaux.

Symptômes cliniques (à mettre en perspective avec le contexte social, familial et culturel du sujet) :

- Les troubles cognitifs sont souvent les symptômes annonciateurs : troubles d’attention, de concentration, de mémoire, des fonctions exécutives (préparer un repas, par exemple) se traduisant par une difficulté à conceptualiser les gestes nécessaires à la réalisation d’une tâche. Ces symptômes persisteront plus longtemps que les symptômes aigus.

- Les symptômes aigus se manifestent habituellement au début de l’âge adulte, entre 17 et 23 ans chez les hommes et entre 21 et 27 ans chez les femmes. Hallucinations (le plus souvent auditives), délires (erreurs de jugement logique, genre "je suis surveillé/persécuté/en danger"), langage incohérent, agissements bizarres.

- Les symptômes déficitaires s’observent par un manque ou une absence de comportements habituels : isolement, difficulté de conversation, perte d’énergie (impression d’insouciance, de négligence, de paresse), diminution de l’expression des émotions.

Isaac Newton ou Vincent Van Gogh étaient schizophrènes. Jeanne d'Arc aussi, sans doute.

La schizophrénie n'est donc pas à confondre avec les troubles dissociatifs de la personnalité.

La "double-personnalité" se caractérise par la succession des personnages incarnés par une personne, au niveau conscient. Les différentes personnalités ne constituent pas des entités discrètes et autonomes, il s'agit plutôt de la dissociation d'une même personnalité ... On utilise souvent ce trouble dans l'opinion, les médias, pour qualifier un discours ou un comportement qui se contredit.

Hey, c'est pas plus clair, comme ça ?

20/06/2008

20/06/08 - 09:37

Futilité #1

"Les rois ne touchent pas aux portes.
Ils ne connaissent pas ce bonheur : pousser devant soi avec douceur ou rudesse l'un de ces grands panneaux familiers, se retourner vers lui pour le remettre en place, -tenir dans ses bras une porte.
Le bonheur d'empoigner au ventre par son noeud de porcelaine l'un de ces hauts obstacles d'une pièce ; ce corps-à-corps rapide par lequel un instant la marche retenue, l'oeil s'ouvre et le corps tout entier s'accommode à son nouvel appartement.
D'une main amicale il la retient encore, avant de la repousser décidément et s'enclore, ce dont le déclic du ressort puissant mais bien huilé agréablement l'assure."

F. Ponge, 1942


La porte comme une frontière. Entre intérieur et extérieur, entre intime et public. Et rompre une habitude en public, n'est-ce pas un peu ouvrir une porte sur soi ? L'embrasser, le serrer dans ses bras en pleine rue ? Faire un pas de deux devant la machine à café ? Un doigt d'honneur au conducteur fou qui klaxonne ?

Et elle qui arrive à me faire dire que je veux ressentir mes douleurs d'enfant, celles-là mêmes que j'ai étouffées de mes mains avec toute la rage disponible. Rouvrir des portes qu'on condamne soi-même ... Faut-il être dingue pour ... ou digne ? Va savoir.

Où est la porte sur un site ? Jusqu'à quel degré entr'ouvre-t-on son soi à la multitude, à cette myriade d'yeux blasés, intéressés ou curieux, dont on ne contrôle ni l'origine, ni le cheminement, ni même l'idée qui en découle : jusqu'à quel point se donne-t-on en pâture ? Et peut-on espérer cesser le flot en claquant la porte ici puis en la rouvrant ailleurs ?

Je sais, après, je vais payer pour ça ...